ABOUT
Le travail de Valérian Felder se construit à la croisée de la sculpture contemporaine et de la broderie — un territoire encore largement inexploré, où la technique cesse d’être un savoir-faire artisanal pour devenir un langage plastique autonome. Formé en autodidacte à la broderie dès le début des années 2020, Felder a fait du fil de polyester son unique matière, dissolvant progressivement toute fonction décorative au profit d’une présence sculpturale affirmée.
Sa pratique repose sur un geste précis : le fil, travaillé en piqué libre sur un support hydrosoluble, puis dissocié de toute structure textile et fixé sur bois, devient une matière à part entière — fine, rigide, capable de projeter une ombre et d’occuper le mur avec une présence physique propre. Cette approche prolonge une recherche entamée dans la broderie sur vêtement, dont Felder s’est progressivement écarté pour s’affranchir des limites du support textile et faire du fil l’élément principal de l’œuvre.
L’œuvre se déploie autour d’un bestiaire personnel — chat, cœur, oiseau, figures ailées — qui fonctionne comme un système symbolique cohérent plutôt que comme un répertoire de motifs. Ces figures, nourries par une mythologie intime construite depuis l’enfance de l’artiste, convoquent une tradition plus large de figuration naïve et totémique, en résonance avec les sculptures murales du Péruvien Harry Chavez ou l’intégration spatiale des personnages de Jean Jullien — tout en s’en distinguant par la densité d’un vocabulaire entièrement personnel.
Ce que Felder propose, au fond, est une forme de réenchantement critique du quotidien : dans un contexte où l’imaginaire collectif s’appauvrit, ses créatures restituent au réel une dimension fantastique et presque sacrée, s’adressant à l’enfant et à l’adulte sans hiérarchie d’accès ni concession de fond.
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